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Accès aux médicaments amaigrissants (Ozempic, Wegovy, Zepbound) : jusqu’à 50,000 vies sauvées aux États-Unis

Médecin explique une carte des États-Unis à un groupe de patients lors d'une consultation en cabinet médical.

L’accès aux médicaments amaigrissants pourrait transformer la santé des Américains - et, dans des milliers de cas, éviter des décès - selon des scientifiques de Yale et de l’Université de Floride.

Une crise de l’obésité aux États-Unis

Les États-Unis traversent une crise de l’obésité. D’après les CDC, environ 73.6 percent des adultes américains sont en surpoids, avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 25. Dans ce total, 41.9 percent des Américains sont considérés comme obèses, avec un IMC supérieur ou égal à 30.

Cette obésité est associée à une hausse du risque de nombreux problèmes graves - notamment les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance cardiaque, les maladies du foie, la dépression, certains cancers, l’AVC et le diabète - autant d’affections susceptibles de réduire l’espérance de vie.

Médicaments amaigrissants (semaglutide, Ozempic, Wegovy; tirzepatide, Zepbound) : l’impact sur la mortalité

À l’heure actuelle, au niveau d’accès observé, on estime que 8,592 vies seraient sauvées chaque année - principalement chez des patients qui disposent d’une assurance privée. Les traitements concernés incluent notamment le semaglutide (commercialisé sous les noms Ozempic et Wegovy) et le tirzepatide (Zepbound), dont l’usage gagne en popularité pour aider à réduire l’excès de poids.

D’après les estimations, si l’accès à ces prescriptions était élargi, le nombre de décès annuels aux États-Unis pourrait diminuer de 42,027 personnes supplémentaires.

"Étendre l’accès à ces médicaments n’est pas seulement une question d’amélioration des options thérapeutiques, c’est aussi une intervention de santé publique cruciale", explique l’épidémiologiste Alison Galvani, de l’École de santé publique de Yale. "Nos résultats mettent en évidence la possibilité de réduire fortement la mortalité en s’attaquant aux obstacles financiers et aux limites de couverture."

Comment les chercheurs ont mesuré les bénéfices d’un meilleur accès

Sous la direction de l’épidémiologiste et data scientist Abhishek Pandey, de l’Université Yale, une équipe a cherché à chiffrer l’effet qu’aurait l’élargissement de l’accès aux médicaments amaigrissants sur la mortalité américaine due à diverses maladies liées à l’obésité.

Pour y parvenir, les scientifiques ont établi une cartographie de la distribution de l’IMC sur l’ensemble du territoire américain, puis l’ont mise en regard de la proportion d’Américains qui peuvent aujourd’hui obtenir une prescription de médicaments pour perdre du poids. Cette approche leur a permis d’estimer avec précision la part de mortalité liée à des complications de l’obésité directement imputable au manque d’accès à ces prescriptions.

"L’accès limité provient d’une combinaison d’obstacles financiers, de contraintes d’approvisionnement et d’une couverture d’assurance restrictive", écrivent les chercheurs dans leur article.

"Même si l’assurance prend généralement en charge ces médicaments lorsqu’ils sont prescrits pour traiter le diabète, la couverture au titre de la perte de poids est moins systématique, ce qui oblige souvent les patients à payer de leur poche ou à subir des politiques d’assurance restrictives. De plus, 25.6 million d’Américains ne sont pas assurés et plus de 80 million sont insuffisamment assurés. Actuellement, les personnes non assurées atteintes de diabète ou d’obésité n’ont aucun accès à ces médicaments amaigrissants innovants, et l’accès reste difficile même pour celles qui disposent d’une couverture."

Scénarios envisagés : baisse de l’obésité et vies sauvées

Les chercheurs concluent que, si toutes les personnes qui devraient être éligibles à une prescription de médicaments amaigrissants pouvaient effectivement en obtenir une, le taux d’obésité aux États-Unis reculerait à 38 percent, et plus de 50,000 vies seraient sauvées chaque année.

Ce résultat correspond au scénario le plus favorable, où ni le coût ni l’approvisionnement ne limitent l’accès. Toutefois, même lorsque ces freins subsistent, un meilleur accès réduirait nettement la mortalité associée aux comorbidités de l’obésité - y compris une diminution des décès dus au diabète de type 2 de 11,769 personnes.

Les États-Unis se présentent comme l’un des pays les plus riches du monde, mais l’étude rappelle qu’en dépit de cette prospérité, la pauvreté peut encore être mortelle. Pour les auteurs, il est nécessaire de prendre des mesures afin de corriger cette inégalité particulièrement destructrice.

"Nous devons veiller à ce que les prix des médicaments soient davantage alignés sur les coûts de fabrication et augmenter les capacités de production pour répondre à la demande", détaille le mathématicien Burton Singer, de l’Université Yale. "Parallèlement, il faut s’attaquer aux problèmes d’assurance et d’accessibilité qui empêchent de nombreuses personnes d’obtenir le traitement dont elles ont besoin."

Ces travaux ont été publiés dans les Comptes rendus de l’Académie nationale des sciences.

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