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Comment l’entraînement isométrique améliore la santé cardiaque et baisse la pression artérielle

Personne assise en tailleur en méditation près d’un tensiomètre et un verre d’eau citronnée sur une table basse.

L’activité physique est un excellent moyen de soutenir la santé du cœur. Pourtant, l’idée d’aller en salle ou de partir courir peut en décourager certain(e)s. Et lorsqu’on vit déjà avec un problème cardiaque, des exercices très dynamiques ne sont pas toujours adaptés ni sûrs.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas indispensable de s’entraîner à haute intensité pour obtenir des bénéfices cardiovasculaires. Il est même possible d’améliorer sa santé cardiaque en restant immobile… tout en forçant volontairement pour ne pas bouger.

Entraînement isométrique : un effort immobile

C’est précisément le principe de l’entraînement isométrique, dont la popularité augmente, notamment parce qu’il aide à diminuer la pression artérielle et l’hypertension, tout en améliorant la force et la stabilité musculaire.

En général, pour produire de la force et gagner en puissance, les muscles s’allongent puis se raccourcissent au fil d’un mouvement. Les squats ou les flexions des biceps (curls) illustrent bien ce type d’exercices où la longueur du muscle change pendant l’action.

À l’inverse, l’isométrie consiste à contracter un muscle sans déplacer l’articulation : la contraction génère de la force sans mouvement visible. Plus la contraction est intense, plus la force produite est élevée (et plus un muscle est capable de produire de force, plus un mouvement peut ensuite être réalisé avec puissance).

Si l’on ajoute une charge à un exercice isométrique, le muscle doit se contracter davantage. La chaise au mur et la planche sont des exemples typiques de contractions isométriques.

On associe souvent les exercices isométriques à un niveau élevé de « recrutement neural », car il faut maintenir l’effort de contraction dans le temps. Autrement dit, ils sollicitent fortement des neurones spécialisés du cerveau et de la moelle épinière, qui jouent un rôle clé dans l’ensemble de nos mouvements, qu’ils soient volontaires ou involontaires.

Plus cette activation nerveuse est importante, plus de fibres musculaires sont mobilisées - et plus la force produite augmente. Cela peut donc se traduire par des gains de force.

Depuis longtemps, l’isométrie intéresse les athlètes de force et de puissance : elle permet de préparer les muscles à produire de fortes intensités en les activant. Mais les travaux scientifiques montrent aussi des effets positifs sur d’autres dimensions de la santé, notamment la baisse de l’hypertension et l’amélioration de la circulation sanguine.

Pourquoi l’entraînement isométrique fait baisser la pression artérielle

Plusieurs mécanismes expliquent pourquoi les exercices isométriques sont particulièrement favorables au cœur.

D’abord, lorsqu’un muscle se contracte, son volume augmente. Il comprime alors les vaisseaux sanguins qui l’alimentent, ce qui réduit le flux sanguin et élève la pression dans les artères : c’est le mécanisme appelé « réflexe presseur ».

Ensuite, quand la contraction cesse, le relâchement s’accompagne d’un afflux soudain de sang vers les vaisseaux et le muscle. Cet apport amène davantage d’oxygène et, surtout, de l’oxyde nitrique dans les vaisseaux, ce qui les dilate. Cette dilatation contribue à abaisser la pression artérielle. À la longue, ce processus peut diminuer la rigidité des artères, ce qui peut aussi faire baisser la pression.

Par ailleurs, comme le débit sanguin est limité pendant un effort isométrique, les cellules disposent de moins d’oxygène pour fonctionner. Cela déclenche la libération de métabolites, par exemple des ions hydrogène et du lactate, qui stimulent le système nerveux sympathique - celui qui gouverne la réponse de « combat ou fuite ». À court terme, cela provoque une hausse de la pression artérielle.

Mais si l’on répète régulièrement un exercice isométrique pendant de nombreuses semaines, l’activité du système nerveux sympathique diminue. La pression artérielle baisse alors et la contrainte sur le système cardiovasculaire se réduit - ce qui rend ces exercices intéressants pour la santé du cœur.

Il est même possible que l’isométrie soit plus efficace, pour la santé cardiaque, que d’autres formes d’entraînement cardiovasculaire. Une étude comparant l’exercice isométrique à l’entraînement fractionné de haute intensité a observé que l’isométrie entraînait des diminutions nettement plus importantes de la pression artérielle au repos, sur une période allant de 2 à 12 semaines.

Comment pratiquer l’exercice isométrique

Si votre objectif est de faire baisser la pression artérielle grâce à l’entraînement isométrique, il est recommandé de tenir chaque contraction isométrique pendant 2 minutes, à environ 30 à 50 % de votre effort maximal. Cela suffit pour déclencher des adaptations physiologiques bénéfiques.

Vous pouvez commencer en répétant cette contraction 4 fois par jour, 3 à 5 fois par semaine, en vous concentrant sur un seul exercice. Avec les progrès, il devient possible d’alterner les exercices, d’ajouter des charges, ou d’intégrer plus d’un exercice isométrique.

Pour débuter, des options simples incluent le squat statique, la chaise au mur ou la planche. Même sur ces courtes séquences, la fréquence cardiaque, la respiration et la pression artérielle augmentent - ce sont les mêmes réponses que lors d’exercices plus « classiques » sollicitant tout le corps, comme le vélo ou la course.

Les effets bénéfiques sur la pression artérielle commencent généralement à apparaître environ 4 à 10 semaines après le début de l’entraînement isométrique, même si cela dépend de l’état de santé et du niveau de forme au départ.

L’entraînement isométrique semble être une forme d’exercice simple et peu intense, capable d’apporter des bénéfices importants pour la santé cardiovasculaire - tout en demandant moins de temps que de nombreux autres entraînements.

Dan Gordon, professeur de physiologie de l’exercice, Université Anglia Ruskin ; Chloe French, doctorante en sciences du sport et de l’exercice, Université Anglia Ruskin, et Ruby Cain, doctorante, Université Anglia Ruskin

Cet article est republié depuis La Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article d’origine.

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