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Poux de tête et lentes : comment s’en débarrasser chez les enfants

Une adulte peigne les cheveux d'un enfant assis dans une salle de bain lumineuse.

Faire la chasse aux poux de tête - et gérer les enfants qu’ils envahissent - figure sans doute parmi les tâches les plus éprouvantes pour un parent ou un adulte qui s’en occupe.

Et c’est de plus en plus compliqué. Les produits chimiques couramment utilisés sont moins efficaces qu’autrefois, ce qui rend les poux de tête plus difficiles à éliminer.

On peut toujours débarrasser ses enfants des poux, mais il faut généralement s’armer de patience et s’y tenir.

Rappelez‑moi : que sont les poux de tête ? Et les lentes ?

Les poux de tête sont de minuscules insectes à six pattes qui vivent exclusivement dans les cheveux d’une tête humaine - le plus souvent chez les enfants d’âge primaire.

Les poux de tête accompagnent l’être humain depuis des millions d’années d’évolution.

Ils apprécient notre chevelure, mais descendent jusqu’au cuir chevelu jusqu’à une demi‑douzaine de fois par jour pour se nourrir de notre sang.

Leurs griffes sont faites pour grimper le long des cheveux et redescendre facilement. En revanche, dès qu’ils ne sont plus sur une tête, ils survivent peu de temps : ils deviennent maladroits, se déplacent mal et meurent rapidement.

Le mot « lentes » désigne en réalité les œufs des poux de tête. Elles constituent souvent le premier signe d’une infestation. Et comme un seul pou peut en pondre plus de 100 au cours de sa vie d’environ un mois, il peut y en avoir beaucoup.

Peuvent‑ils transmettre des maladies ?

Non. Les poux de tête sont surtout gênants, et leurs piqûres peuvent entraîner des réactions cutanées. Mais les autorités sanitaires australiennes ne considèrent pas les poux comme un risque pour la santé. Rien n’indique que les poux de tête puissent transmettre des agents pathogènes responsables de maladies.

La stigmatisation liée aux infestations de poux de tête peut être plus lourde à porter pour les enfants concernés que les effets directs sur la santé.

Pourquoi mes enfants attrapent‑ils sans cesse des poux ?

De la garde d’enfants jusqu’à l’école primaire, il est probable que votre enfant connaisse au moins une infestation de poux de tête. Une étude australienne a observé que, selon les classes, le taux d’infestation allait de zéro cas à 72 % d’enfants touchés.

Les filles portent plus souvent des poux de tête que les garçons. Avec des cheveux longs, les poux ont plus de facilité à s’accrocher.

Les poux de tête ne sautent pas et ne volent pas : ils passent d’une tête à l’autre par contact direct.

S’ils reviennent à la maison avec vos enfants, c’est parce qu’ils passent du temps très proches d’autres enfants : câlins, jeux, ou regroupements autour de livres ou d’écrans. Tout contact tête contre tête constitue une voie de transmission.

Les règles varient légèrement selon les États, mais en Nouvelle‑Galles du Sud et dans le Queensland, les enfants n’ont pas besoin de rester à la maison à cause des poux de tête.

Comment éviter les poux de tête à la maison ?

Avoir une maison propre et rangée ne suffit pas à éloigner les poux de tête. Ils se moquent de la propreté des draps et des serviettes, ou de la fréquence à laquelle vous passez l’aspirateur sur les moquettes et tapis.

Il peut exister un risque de passage via des oreillers partagés, mais ce risque reste faible.

Quand vous trouvez des poux dans les cheveux d’un enfant, il n’est pas nécessaire de changer sa literie ni celle des autres membres de la famille. D’après les recommandations fondées sur la recherche du ministère de la Santé de Nouvelle‑Galles du Sud, « le linge de lit, les chapeaux, les vêtements et le mobilier n’hébergent pas et ne transmettent pas les poux ou les lentes, et il n’y a aucun bénéfice à les laver comme option de traitement ».

J’ai utilisé une solution anti‑lentes : pourquoi cela ne marche pas ?

De nombreux produits de traitement contre les poux de tête sont disponibles en pharmacie. En Australie, l’administration des produits thérapeutiques évalue ces produits afin de s’assurer qu’ils sont à la fois sûrs et efficaces.

Le souci, c’est que la plupart de ces traitements sont des insecticides : ils tuent les poux au contact, mais ne détruisent pas forcément les œufs.

Autre point : si le traitement n’est pas suivi jusqu’au bout, exactement comme indiqué sur l’étiquette, certains poux de tête peuvent survivre.

Par ailleurs, les poux de tête semblent de mieux en mieux résister aux substances chimiques utilisées contre eux, ce qui rend l’élimination des infestations plus difficile.

Alors, comment s’en débarrasser ?

Il ne faut pas compter sur une solution miracle : en Australie, les autorités sanitaires recommandent généralement la méthode « après‑shampooing et peigne », aussi appelée « peignage humide ». L’idée est d’enlever les poux physiquement, sans application de produits chimiques.

Trois étapes sont essentielles :

  1. immobiliser les poux en appliquant un après‑shampooing sur les cheveux humides de l’enfant, puis en le laissant agir environ 20 minutes ;
  2. peigner méthodiquement toute la chevelure à l’aide d’un peigne fin « anti‑poux ». L’après‑shampooing et les poux peuvent être essuyés sur des essuie‑tout ou des mouchoirs. Seuls les poux adultes seront récupérés, mais ce n’est pas un problème : les œufs seront traités ensuite ;
  3. recommencer l’opération deux fois, à environ une semaine d’intervalle, afin de casser le cycle de vie des poux de tête.

Répéter au bout d’une semaine permet aux œufs restants d’éclore. Cela peut sembler contre‑intuitif, mais une fois éclos, les jeunes poux sont plus faciles à retirer que les œufs. Il suffit de les enlever avant qu’ils ne commencent à pondre une nouvelle série d’œufs et que l’infestation ne se poursuive.

Même si les enfants ont beaucoup plus souvent des poux de tête, en réalité, chaque personne du foyer a autant de chances d’héberger un ou deux poux. Il n’est pas forcément nécessaire que tout le monde suive un traitement, mais les « adultes » doivent aussi surveiller la présence de poux.

Cameron Webb, professeur associé en clinique et scientifique hospitalier principal, Université de Sydney

Cet article est republié depuis La Conversation sous licence Commons Créatives. Lisez l’article original.

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